L'histoire de la société Salomon et celle d'un homme Georges Salomon qui a fabriqué une entreprise mondialement connue est réputée dans le milieu du sport à partir d'un atelier qui fabriquait des lames de scie a bois.
Georges Salomon est né le 18 novembre 1925 à Annecy. Enfant unique, Georges Salomon est issu d'une famille modeste. À l'époque, son père, François, est ouvrier et fabriquait lames de scie a bois et sa mère, Jeanne, est ouvrière dans une usine locale. Tandis que son père espère pour lui une carrière d'instituteurs, Georges, qui ne souhaite pas enseigner dans les campagnes, occupe un emploi provisoire à la préfecture.
En 1946, François Salomon décide de se mettre à son compte dans un atelier de 50 mètres carrés, Côte-Saint-Maurice à Annecy, avec son fils Georges. En 1947, les Salomon développe « les meilleures carres du marché » et fournissent tous les fabricants de ski français, suisse, quelques autrichiens, et des Américains avec leurs « carres de compétition ». Dans les années 50 le marché du ski croit, il développe leur savoir-faire. Travailleur opiniâtre et passionné, Georges suit des cours du soir après ses longues journées de travail (tournage, fraisage, soudure, de dessins industriels). Il imagine les carres en acier trempé et conçoit les machines pour les fabriquer. Mais il se heurte à son père qui ne comprend pas la nécessité d'investir, d'aller de l'avant. Celui-ci s'oppose au développement de l'atelier jusqu'à ce que la colère les amène à ce battre. Georges devient alors le véritable patron de l'entreprise.
En 1954, Georges Salomon achète la licence d'exploitation du tendeur de sécurité « lift » (un câble entoure la chaussure et la pousse vers la butée avant lorsque le levier, sur l'avant du ski, est tendu). La première fixation sortira en 1957 et sera un succès immédiat permettant d'embaucher du personnel, d'agrandir les locaux, de créer de nouveaux produits (fixation sans câble).
À 25 ans, en 1972, la société est leader mondial des fixations de ski grâce à une vision mondiale du marché où les premiers importateurs sont rapidement remplacés par des filiales.
Être leader mondial de la fixation ne suffit pas à l'angoisser Georges Salomon : « c'est un inconvénient mais aussi une force celle de réagir tout le temps ! ». Essoufflements du marché et aléas climatiques sont ces soucis en plus de la vulnérabilité d'être mono produit. Il décide d'acquérir de nouvelles compétences, et suite à une étude, d'apporter la réponse innovante aux 80 % de skieurs considérant leurs chaussures comme des instruments de torture. Dès 1973, une chaussure révolutionnaire à entrer arrière et blocage de talons (S. X. 91) est à l'étude. La chaussure sort en 1979 et Salomon devient en quatre ans le numéro deux mondial de la chaussure de ski derrière Nordica. « On a pas le droit de lancer un produit dont on n'est pas sûr à 100 % il ne faut pas exploiter son image mais la mériter », ses convictions se vérifient.
Dans la foulée, la chaussure-fixation de fond et mises au point et vendues en 1980. Salomon devient numéro un de cet équipement en trois ans et s'agrandit en unités de production et filiale à l'étranger. En 1983, Salomon est introduit en bourse au second marché est admis un an plus tard au marché à règlement mensuel de la cote officielle.
« Pour devenir leader et le rester ensuite, il faut sans cesse sortir des produits plus évolués que ceux des concurrents et mettre en oeuvre des technologies de pointe ». Des marchés étudiés, ceux du ski alpin et du golf retiennent son attention. Hante par le réchauffement de la planète, Georges Salomon considère le moment venu de conquérir les marchés des sports d'été.
Estimé à 10 milliards de francs, il investit ce marché qu’est le golf via une société américaine ayant prouvé ses capacités d'innovation en révolutionnant le marché des bois (club en bois métal). Salomon qui se fixe l'objectif de devenir le leader mondial de l'équipement de golf, prend le contrôle de Taylor Made fin 1984. Pari tenu !
Équipement essentiel le plus cher de skieurs, meilleur support de communication, l'ensemble ski fixation semble prometteur, 40 % des skieurs pensent que Salomon fabrique déjà des skis. Une innovation visible, une qualité optimale et des victoires en compétition (J. O. d'Albertville) sont nécessaires. Le ski à structure monocoque, décorée par sublimation (50 brevets déposés) est lancé en 1989. Salomon est devenu le leader mondial sur le marché du ski de milieu et haut de gamme. « Nous ne fêtions pas le lancement d'un produit mais le millionième exemplaire », précise-t-il.
En 1990, Georges Salomon, proche de 65 ans, décide de passer la main. La nouvelle équipe de directions, comprenant son fils Bernard en charge du développement du groupe, doit renforcer les positions de Salomon dans les sports d'hiver et accélérer le développement dans ceux d'été. Ainsi naissent chaussures de randonnées, jantes de vélo haut de gamme (Mavic), snowboard, snowblades et patins en ligne. En 1995, les entreprises du ski élisent Georges Salomon « homme de l'année ».
En 1997, partant du principe que seuls les groupes diversifiés de taille mondiale peuvent réussir durablement, Salomon, Taylor Made, et Mavic doivent passer d'équipementiers à expression d'un style de vie en développant des vêtements spécialisés, également utilisable en « casual wear » ou identifiant de style de vie. Salomon world wide décide de s'allier à Adidas. En une OPA permet à Adidas de récupérer 100 % du capital de Salomon qui est retiré de la bourse en 1998. La griffe est descendue dans la rue avec les patins en ligne, les valeurs de la marque s'affirment : « liberté, espace, innovation et sensation » et Georges Salomon, 77 ans, est désormais en vacances chez lui.